Les trans à la LOCO, ça dépote.De l\électro salsa et du beat techno-disco qui se mélangeront follement !
Lundi matin. 3h16.
"C'est incroyable, fantastique, merveilleux. Moi j'aime les hommes, les femmes, les trans, les travelos. J'aimevtout le monde"
, s'exclame Martine, 50ans, qui vient
de Martigues et sort présentement des toilettes, accompagnée de deux éphébes de 25ans en moyenne, tout droit sortis du Gymnase Club.
Bienvenue à la soirée Escualita, la plus folle et la plus trans de la capitale."Bienvenida a la fiesta del Escualita!"
: la voix de Cristall résonne dans toute la boîte.
Sur la piste de danse, bogoss du 9-3, tea-shirt noir ou blanc moulant des corps buildés, coupe de cheveux caille-ra soignée, chaînes en or, Blacks en costard, rastamen chics, travelos déjantés, homos solos, bombes bimbos et/ou transsexuels se trémoussent sur l'électro
salsa et les beats techno-disco que balance la sono."Hey, Mister Dee-Jaa-ay!"
Madonna pulse, les bras se lèvent, la transe commence.
Sur la scène, au-dessus de la piste, la température est montée d'un cran. Une jeune Blanche, brune à couettes, tord son petit derrière rond sur le bassin d'une métisse
black moulée dans un body blanc. Volte-face de la petite brune, puis long kiss avec sa partenaire. Avant qu'un métisse au crâne rasé les rejoigne pour d'autres figures plus free-style.
Tout le monde s'éclate à la queue leu eu."Viciosa! Viciosa! Viciosa!"
: Cristall passe avec son micro sur la piste, en envoyant ses messages d'amour à la terre entière.
Des hommes se jettent dans ses bras, caressent ses seins, lui glissent un mot à l'oreille, l'embrassent comme on embrasse la Vierge Marie. Au bar, on se presse autour des amies trans de Crystal.
Il y a Stella, une Brésilienne moulée dans un jean en daim, un corset noir, une veste en cuir rouge. Avec son décolleté affriolant, elle a des airs de Gina Lollobrigida cette Stella !
La plus Lollo de toutes, c'est Elisabeth, accent espagnol, un peu mama, la Colombienne plantureuse est l'ancienne RP des Escualita.
De là où elles sont, ces beautés déjantées dominent le public qui n'a d'yeux que pour elles. Ce soir, elles ont les reines de Pigalle. Nappes de synthés noyés dans des fumigènes.
"Vou-lez-vous-cou-cher-a-vec-moi-ce-soir!"
, hurle Crystal dans son micro.
Attention, dans quelques instants, la soir2e va atteindre son point d'orgue. En attendant, dans les allées, un petit Blanc se promène, muni d'une lampe à faisceau bleu qui permet de voir au travers des jupons des créatures
de la soirée. Quand le test s'avère positif (absence de sous-vêtement? mauvaise surprise?), il s'exclame: "Eh ben, c'est du beau!"
, qui fait rire l'intéressée et son entourage (très proche).
Maintenant, la musique redouble, les lasers balaient l'espace, les lumières de la scène s'allument. Et Cristall fait sa dernière entrée. "Mesdames et messieurs, voici maintenant le strip-tease de la soirée."
Hystérie. On se presse autour de la scène. Se pointe alors celui qu'on prenait pour le pompier de service. Il enlève son casque, sa veste de cuir, sa lance, son slip, sa chemise et son string.
Mais qu'est-ce que c'est? Un Chippendale? Une plaisanterie?"C'était la sourprise de la soirée"
, conclut Cristall.
Les filles s'arrachent les sous-vêtements du strip-danseur, chef de troupe du Millennium Sexy Show. Cristall est ravie. On la retrouve dans sa loge. Presque nue. Elle montre son tatouage sur le bras gauche, un symbole Inca qui veut dire "Fille de la Lune"
.
Elle parle du Pérou, où elle est née, de sa poitrine, un 105B qu'elle va transformer en 135, lors d'un prochain séjour à Barcelone.
Elle a de grands yeux bleus, une peau très douce.
Olivier Stupp