Soirées Transsexuelles à Paris
Escualita c'est tous les dimanches soirs!

Les Inrocks :
Escualita : Trans Paris Express

Depuis le temps qu'on devait y aller ! Après un week-end de défonce, tout ce qui se la pête a fui le dancefloor. Enfin tranquille, on décide avec La Loutre d'aller voir nos soeurs les trans d'Escualita.

On décide de faire un tour au Club pour le tea dance black, Une rythmique caribienne complétement décalée, on se croirait à Kotonou.
Dj Edouard lance son disque préféré et se précipite sur le dance-floor pour ne pas en perdre une miette. Tout le monde reprend en coeur : "Capriiiii c'est finiiiiii" : Hervé Vilar version zouk, ça fouette. Tu imagines du Cabrel version zouk ?
Minuit, festival du bikini et du sac à main Euphorisés par l'ambiance joyeuse kermesse, on file rejoindre Fouad et ses soirées Escualita, juste après le tea dance Black blanc beur.

" Saluuuuut toi ! "
Minuit trente. Elles sont pas mal tes copines ! Le hall est déjé envahi de manteaux de fourrure et de talons aiguille. Fouad nous accueille tout frétillant. "C'est encore tôt, vous savez !".

" Comment tu t'appelles ? "
Une belle sud américaine se met en avant et nous roule des yeux de braise, un verre de Martini à la main, elle ouvre la bouche. Dans un coin, le sosie de Rossi di Palma écoute d\uun air pénétré un type tout en lézard.

" Lève la jambe un peu plus haut s'il te plaît."
1 heure. On se mêle à la faune. Une house latino ultra bright, on s'amuse, l'ambiance est légère. Costumes, beurs cools, bikinis XS, parfums légers ou capiteux.
Sur le podium, sous le regard intéressé de jeunes cravatés, une Loana trés sac à main improvise la marche du caporal en talons aiguilles.
Tout est hyper étudié. Comment tu te maquilles, comment tu te sapes, comment tu tiens la tête, Rien n'est laissé au hasard.
Et pourtant personne ne se prend au sérieux.

" Raghhhhhh "
Une Liz Taylor ravie, tigresse sur talonnettes, s'envoie en l'air et frotte son derrière contre tout ce qui bouge. Elle gigote et répand copieusement ses phéromones délicieuses sur La Loutre, qui reste philosophe : "Quel travail !"

" Tu viens, chéri ? "
Il suffit d'un flash pour que les papillons de nuit s'agglutinent grave. Les toilettes sont envahies par une nuée de coquettes qui ajustent qui un jean, qui une ficelle de string, qui une mèche rebelle. Grosse rigolade autour du lavabo, l'accés au miroir est limité.

" Tu t'éclates ?"
La Loutre me montre Vincent Mac Doom du doigt. Oh ! Saluuuuut ! Comment tu vas? "J'adore ! Je suis venu avec une copine. C'est la soirée de Paris la plus sympa, tu trouves pas ?".
Un dimanche soir à deux heures du matin, on n'est pas dérangé par les routiers du clubbing et la drague poids lourds, clear !

" Un dernier verre ? "
3 heures et demi. Regard un peu triste et sensuel, la physio chuchotte des calineries à un cravaté ravi de plaire à tant de nanas. Elle me glisse dans un clin d'oeil "Tu reviendras ?". Ouaip, trop sympa. On part après avoir affronté une nouvelle déferlante de manteaux de fourrure. Je glisse à l'oreille de La Loutre "Tu trouves pas que ça sent Le Guerlain ?"



Luc Arbona


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Dimanche 4 avril 2010
 
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